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Publié le 13 oct 2015
Pour une PME ou une start-up, il n'est pas toujours facile de financer certains projets, à hauteur de quelques dizaines de milliers d'euros. Les plates-formes de prêts participatifs offrent une alternative qui séduit de plus en plus.
Selon les chiffres de l'association Finance Participative France, le crowdlending représente le gros du marché du financement participatif. Sur le total de 133,2 M€ collectés au 1er semestre, 85 l'ont été via les plates-formes de prêts.
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Un succès qu'il convient de relativiser puisque Prêt d'Union, la seule plate-forme française spécialisée dans les prêts aux particuliers, truste à elle seule 61 M€. Les montants prêtés aux entreprises ne représentent donc que 13 M€, une goutte d'eau comparée aux 80 M€ du crédit bancaire à destination des TPE et PME.
De fortes attentes
La modestie des chiffres ne doit pas masquer l'intérêt de cette forme de financement. Certes, les taux sont plus élevés que ceux des banques (de 5 jusqu'à 10%, voire plus), mais les circuits de décision sont nettement plus rapides, de quelques jours à 2 semaines.
Et surtout, les montants (quelques dizaines de milliers d'euros en moyenne) et les projets (investissements «immatériels», dans le numérique ou les ressources humaines, par exemple) correspondent à des dossiers qui n'ont généralement pas les faveurs des banques. Alors qu'ils représentent une part importante des besoins des TPE/PME et sont souvent la clé de leur développement.
Interview : "le crowdlending, une nouvelle voie de financemente
Qu'apporte le crowdlending par rapport aux autres méthodes de financement ?
Philippe Crevel : La crise a eu pour conséquences un resserrement de l'accès aux crédits. Même si les taux sont à des niveaux historiquement bas et si les injections de liquidités de la BCE devraient permettre un financement plus aisé, il n'en demeure pas moins que les banques ont durci leurs conditions d'octroi. Par ailleurs, le financement par les marchés financiers du fait de sa complexité est difficilement accessible aux petites entreprises. Le crowdlending constitue une nouvelle voie de financement intéressante et à fort potentiel de développement.
Est-ce réellement de l'économie collaborative ?
Philippe Crevel : En rapprochant les créanciers de leurs débiteurs, il modifie les rapports financiers et crée de nouvelles communautés gagnant-gagnant. En effet, aujourd'hui, l'épargnant est confronté à des rendements décroissants pour son épargne. Il y a dans le développement du financement participatif un nouveau souffle qui est donné aux relations financières.
Quelles sont les précautions pour ceux qui souhaitent investir ?
Philippe Crevel : Le crowdlending a un rendement intéressant, mais cela reste un placement où le risque est supporté par l'épargnant. Il faut vérifier que la plate-forme est bien inscrite à l'ORIAS et se renseigner sur le bilan de l'entreprise. Et il est également prudent de diversifier les risques en prêtant par exemple 200 € à 5 entreprises, plutôt que 1.000 € à une seule, quitte à multiplier les plates-formes.