vendredi 18 septembre 2015

Entreprendre. Houat dans le vent de l'économie solidaire - Ouest France Entreprises

Menuisier comme son père C'est là. Juste derrière la petite mairie. C'est ici, dans cette vieille bâtisse rénovée du bourg et son coquet jardin ceinturé de murets que Guillaume Nello, sa compagne et leurs trois jeunes enfants sont venus s'installer il y a une dizaine de jours. Dans cette île de 250 âmes où ce Bellilois de souche veut travailler et s'épanouir.

Guillaume a passé sa jeunesse à Belle-Ile. A 16 ans, ils quitte le rocher familial pour entamer son apprentissage sur le continent. Il sera menuisier charpentier comme l'était son père. Il apprend aussi la maçonnerie et la ferronnerie d'art. En 2012, Guillaume revient à Belle-Ile pour s'installer comme artisan.

Mais il ne retrouve pas dans l'île de son enfance cette solidarité dont il rêvait. « Je n'ai pas reconnu l'île que j'aimais. L'insularité belliloise est devenue le terrain de jeu d'une clientèle argentée à qui on ouvre toutes les portes. Avec la surenchère immobilière, jamais nous n'aurions pu nous offrir une maison... »

Une île où s'investir

La déception de l'artisan se mueen espoir lors de chantiers menés à Houat. « J'ai rencontré un maire réceptif, prêt à nous accompagner. Nous avons franchi le pas. Les petits chantiers ne manquent pas. Ici, à Houat, c'est la solidarité qui fait avancer l'économie. On n'y vient pas pour prendre et ne rien laisser ».

Andrée Vielvoye, maire de Houat est au diapason. « Notre île doit vivre de petits métiers, en symbiose avec notre environnement, fragile, à respecter coûte que coûte ». L'élue voit d'un bon oeil l'arrivée de cinq nouvelles familles. C'est aussi 11 enfants de plus à l'école.

André Vielvoye le sait. Pour relancer l'économie houataise, il faut du logement, du travail et peut-être plus que jamais une farouche envie de vivre dans une île. « Bien sûr il y a le tourisme. Mais chez nous, l'hiver s'étire du 1erseptembre au 7 juillet. Avec une liaison maritime le matin, une l'après-midi. Il n'est donc pas possible pour les Houatais de travailler sur le continent. L'heure est donc à la solidarité, aux travailleurs multicompétents comme Guillaume Nello ».

La municipalité réfléchit à la création d'une zone artisanale avec site de stockage, qui faciliterait le travail des artisans. On pense aussi au développement d'une agriculture adaptée, à la création de gites municipaux. « Nous en manquons ». Il y a aussi les nouvelles technologies. « L'arrivée du haut-débit à Houat permet aussi le télétravail ». Enfin, il y a la pêche qui reprend de la couleur avec l'arrivée de jeunes qui rêvent de se lancer. Comme jadis...

Pierre WADOUX.

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